Ombrières en bois et bornes de recharge électrique : existe-t-il des risques d’incendie ?
Sujet sensible et souvent mal compris : les ombrières en bois présentent-elles un risque incendie plus élevé que les structures en acier, surtout avec des bornes de recharge pour véhicules électriques et du photovoltaïque à proximité ?
Le bois est combustible, c’est un fait. Mais son comportement au feu est connu et prévisible ! Il se consume en surface selon un rythme régulier (carbonisation), ce qui lui permet de conserver une âme structurelle pendant une durée connue. L’acier, lui, n’alimente pas le feu, mais perd très vite sa résistance mécanique avec la montée en température, pouvant conduire à une déformation ou un effondrement soudain.
Dans un contexte de parking électrifié, la question n’est donc pas « bois ou acier = risque ou sécurité », mais comment concevoir, protéger et exploiter l’ouvrage pour atteindre un niveau de sécurité élevé et documenté ?
On vous explique tout dans cet article !
Bois vs acier : deux comportements au feu très différents
Le bois réagit au feu par carbonisation en surface. Concrètement, cette couche de charbon agit comme un écran isolant qui ralentit la progression de la chaleur vers le cœur.
Résultat : la section résistante résiduelle reste calculable et la perte de capacité portante suit une trajectoire relativement progressive et prédictible. En conception, on dimensionne les pièces pour intégrer cette marge, ce qui permet d’assurer la stabilité pendant le temps d’évacuation et d’intervention.
L’acier, au contraire, n’alimente pas la combustion mais voit son module d’élasticité et sa limite d’élasticité chuter dès quelques centaines de degrés. Sous charge, les éléments peuvent flamber, se déformer, puis perdre brutalement leur portance. En pratique, une structure acier non protégée exige des protections passives (peintures intumescentes, encoffrements) si des performances au feu sont requises.
Vous l’aurez compris, le bois n’est pas “plus dangereux” : il brûle, mais garde une portance résiduelle maîtrisable. De même l’acier ne brûle pas mais peut se dérober vite s’il n’est pas protégé.
Comment réduire le risque ? Entre conception, matériaux et traitements
Sur une ombrière solaire en bois, la sécurité incendie commence par la conception ! Comment ? Par exemple avec des sections adaptées, des continuités structurelles limitées, un éloignement des sources d’ignition et des passages de câbles correctement goulottés et séparés des éléments combustibles. De même, le choix de bois lamellé-collé de qualité, séché et traité, améliore la stabilité dimensionnelle et limite les désordres.
Deuxièmement, les revêtements retardateurs de flamme jouent eux aussi un rôle très efficace : lasures ignifuges, peintures intumescentes ou vernis techniques retardent l’inflammation, abaissent la contribution au feu et réduisent l’émissivité.
On peut également doubler certaines zones sensibles par des parements non combustibles (tôles, plaques minérales) aux points de raccordement électriques, autour des armoires onduleurs ou des bornes VE.
Côté équipements, là aussi il vaut mieux privilégier des coffrets à indice de protection adapté (IP), des coupures d’urgence accessibles, des protections différentielles et des détecteurs de défaut d’arc (AFDD) sur les circuits sensibles limite le risque d’ignition d’origine électrique.
Enfin, la ventilation sous modules PV et l’espacement des câbles réduisent l’échauffement. Toutes ces mesures additionnent leurs effets et permettent d’atteindre un niveau de performance au feu documenté.
Ombrières photovoltaïques, bornes de recharge et mode d’exploitation : toutes les bonnes pratiques
Le triptyque PV + stockage (si présent) + recharge VE impose un mode d’exploitation bien rigoureux. Un plan de maintenance annuel doit notamment couvrir : le serrage et le contrôle visuel des connexions DC/AC, une thermographie ponctuelle des boîtes de jonction, des test des protections (disjoncteurs, DDR), et une vérification des zones “sensibles” (pieds de poteaux, gaines, traversées de parois).
De même, les bornes de recharge seront implantées avec des dégagements autour des boîtiers, sur supports isolants ou socles métalliques dédiés, et protégées contre les chocs. Un pilotage de charge (EMS) limite la puissance appelée en période chaude, évite les surintensités et l’échauffement des câbles.
Enfin quand on parle d’exploitation, la signalétique (consignes, coupures d’urgence) et la formation des équipes site (sécurité, premiers gestes) sont déterminantes. Pour une résilience accrue, on peut intégrer détection précoce (capteurs température / fumée dans armoires), compartimentage local par habillages M0 autour des appareillages, et pare-flammes en sous-face dans des zones ciblées.